Olivier Guez pour « Une Saison française » avec Olivier Barrot (mardi 17 avril 2018 au Lycée français van Gogh de La Haye, avec la participation de la Librairie Nomade)

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre », nous dit Churchill, grande figure de la résistance face à la barbarie.

C’est précisément pour ne rien oublier de cette histoire européenne que, mardi 17 avril, la « Saison française » accueillait Olivier Guez, récompensé en 2017 par le Prix Renaudot pour La Disparition de Josef Mengele, roman terrible qui nous entraîne sur les traces du médecin nazi, en cavale en Amérique du Sud durant plus de trente ans après la guerre.

C’est bien le regard personnel porté par l’auteur sur cette période de ténèbres qu’Olivier Barrot a tout d’abord souhaité interroger, dans le cadre des entretiens passionnants proposés chaque mois par l’Institut français des Pays-Bas.

Né à Strasbourg, à l’orée de la Mitteleuropa, à la frontière entre la France et l’Allemagne, Olivier Guez apparaît en effet hanté par le mystère, jamais élucidé, de la « pulsion suicidaire » inédite qui anime l’Europe entre 1914 et 1945 et se traduit de manière tragique par 85 millions de victimes. Incarnation du Mal absolu, son personnage, « l’Ange de la mort », constitue à cet égard une parabole de la chute européenne.

Pourtant, si le sinistre destin de « l’homme qui collectionnait les yeux bleus » s’est prolongé, après la guerre, en Argentine, puis au Paraguay et au Brésil, le continent sud-américain ne saurait en aucun cas être réduit à ce seul héritage.

Car, au contraire, Olivier Guez se revendique résolument comme un amoureux de cette « terre d’avenir » si chère à Stefan Zweig.

Au cours de l’échange, il est ainsi revenu sur ses nombreux voyages, en quête de la complexité des autres et du monde, à l’image de son double littéraire, Jacques Koskas, le personnage aux aventures tragicomiques de son premier roman.

Au centre de son Eloge de l’esquive, à travers l’art du dribble pratiqué par les anciens esclaves noirs au football, le Brésil, à la fois profondément mélancolique et extraordinairement vivant, représente, pour celui qui se qualifie lui-même d’anthropologue, une intarissable source de fascination.

Ces différents titres étaient proposés à la vente par la Librairie Nomade, partenaire de l’événement.

Olivier Guez, en amont de cette soirée, avait accepté de rencontrer les élèves du lycée français de La Haye pour revenir avec eux sur les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale et répondre à leurs questions lors d’une interview réalisée par le club de webradio.

Le prochain rendez-vous aura lieu le 23 mai prochain à 20h à Amsterdam, au Spui 25, et accueillera Karol Beffa, artiste aux multiples talents.

https://www.youtube.com/watch?v=Ckm2U9FhAug&t=29s

 
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