Discours : Prix Descartes-Huygens

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Académiciens,

Mesdames et Messieurs les Professeurs,

Mesdames et Messieurs, Très chers lauréats,

 

C’est un honneur et un plaisir pour moi de m’exprimer aujourd’hui devant vous dans ce lieu magnifique et plein d’histoire qu’est la Trippenhuis.

 

Je ne vous cacherai pas que j’ai un peu l’impression ici de renouer avec mes premières amours. J’ai en effet été formé pour enseigner. J’ai commencé une thèse que je n’ai pas eu le courage de terminer. Il m’arrive de le regretter. Mais je me console en des occasions comme celles-ci lorsque je peux rendre hommage à des chercheurs plus persévérants que je ne l’étais.

 

Je tiens tout d’abord à remercier nos hôtes, à commencer par le Président de l’Académie royale néerlandaise des Arts et des Sciences, José van Dijck, sans qui cette cérémonie ne pourrait avoir lieu et le prix Descartes-Huygens lui-même n’existerait pas.

 

Je voudrais aussi saluer, plus largement, l’action des Académies de nos deux pays et les remercier de leur soutien. Elles sont notre caution scientifique et la garantie de l’excellence des candidats que nous reconnaissons et récompensons.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Ce Prix Descartes-Huygens est une parfaite illustration de l’importance de la coopération scientifique et universitaire entre nos deux pays. Après plus de 20 ans d’existence, il montre que cette coopération s’inscrit dans la durée.

 

En ce domaine tout particulièrement, comme en beaucoup d’autres, les Pays-Bas sont pour la France un partenaire essentiel, en raison de la qualité exceptionnelle de leur système d'enseignement supérieur et de leurs centres de recherche. Il n’est besoin, pour s’en convaincre, que de consulter les classements internationaux, quoiqu’on en pense par ailleurs, et de mesurer l’attrait qu’exercent les Pays-Bas sur les étudiants et les chercheurs du monde entier, notamment français.

 

La France s’enorgueillit aussi d’avoir, dans les domaines les plus variés, parmi les meilleures formations au monde, des professeurs et des chercheurs de classe internationale, de figurer au deuxième rang mondial pour les médailles Fields et au quatrième pour les Prix Nobel, d’avoir une capacité d’attraction qui fait de notre pays la troisième destination d’accueil des étudiants internationaux.

 

Les Pays-Bas et la France, dans le domaine de la coopération universitaire et scientifique, c’est ainsi la rencontre de deux systèmes et de deux environnements d’excellence qui se nourrissent les uns des autres, de leur succès et de leur complémentarité.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Avant d’être nommé aux Pays-Bas, j’ai eu la chance de représenter la France auprès de l’UNESCO. J’en suis sorti plus persuadé encore qu’en y arrivant, pour reprendre les termes du Préambule de la Constitution de l’UNESCO, que l’essentiel est bien « d’assurer à tous le plein et égal accès à l’éducation, la libre poursuite de la vérité objective et le libre échange des idées et des connaissances ».

 

Nos deux pays, qui occupent une place prééminente sur la scène mondiale de l’université et de la recherche, qui ont une longue tradition en la matière mais sont tournés vers l’avenir, ont à cet égard une responsabilité particulière, celle de favoriser les échanges d’expériences et les collaborations internationales, parce qu’on s’enrichit toujours des autres et de leurs différences, parce qu’on progresse plus vite au contact d’autres modes de pensée et de travail, en un mot parce qu’il faut toujours préférer l’ouverture à la fermeture.

 

Ceci a été vrai de tout temps, déjà à l’époque de Descartes et Huygens, et nos deux pays ont été à la pointe des sciences, du savoir et de la connaissance précisément parce qu’ils ont su attirer les plus grands savants et les intellectuels les plus féconds et parce qu’ils ont su, tout au long de leur histoire, aller chercher ailleurs les talents et l’innovation. Ce qui était vrai hier l’est plus encore aujourd’hui, dans un monde où la recherche se mondialise, le temps s’accélère et les défis sont plus complexes.

 

Cher amis,

 

Je suis convaincu que c’est grâce à nos coopérations que se construisent les communautés scientifiques les plus brillantes et les plus efficaces. Elles permettent de renforcer nos positions respectives dans l’espace européen de la recherche et de bien positionner nos deux pays dans la compétition internationale.

 

Ces actions de coopération bilatérale permettent de reconnaître et de soutenir l’ensemble des domaines de recherche, que ce soient les sciences exactes ou les sciences humaines et sociales. Elles doivent bien sûr aider les disciplines dont nous savons qu’elles auront des débouchés économiques mais, plus largement et avec une visée de plus long terme, permettre de construire tous azimuts des réseaux scientifiques d’avenir entre nos deux pays.

 

Le grand nombre de coopérations scientifiques qui existe déjà entre nos deux pays doit être une incitation à faire davantage d’efforts encore pour développer nos échanges. Pour cela, nous savons pouvoir compter sur le partenariat, incarné par le Prix Descartes Huygens, entre le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’Académie des Sciences et l’Académie Royale Néerlandaise des Arts et des Sciences. Vous aurez compris que la coopération scientifique et universitaire est et restera au nombre des priorités de notre action pour les années qui viennent.

 

Je tiens, pour finir, à féliciter nos deux lauréats pour la qualité de leurs travaux et leur capacité à marier le meilleur de nos deux systèmes d’enseignement et de recherche. Je forme le vœu que le Prix qui vous est décerné aujourd’hui soit un encouragement à persévérer dans cette voie et vous aide à obtenir davantage encore de reconnaissance pour vos travaux à l’échelle européenne et mondiale. Je vous souhaite, à tous les deux, les plus grands succès./.

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