La science, une alliée nécessaire pour décrypter les informations liées au covid-19

Soutenue par l’Institut français des Pays-Bas, la fondation Franco-Sciences a tenu pendant le confinement néerlandais son premier café-sciences de l’année en ligne sur la science du corona virus.

La fondation FrancoSciences a pour objectif de constituer un réseau de chercheurs en enseignants-chercheurs francohones intégrés dans les universitées néerlandaises, afin de mettre en perspective toute la richesse de la recherche bilatérale franco-néerlandaise.

Un premier café-sciences en ligne réussi

Soutenue par l’Institut français des Pays-Bas depuis sa création en 2018, la fondation FrancoSciences a tenu le 14 avril son premier café sciences de l’année 2020 sur une plateforme permettant de se connecter et de dialoguer.

La fondation organisait ainsi son 5e café-sciences, format de séminaire en français destiné à rendre la science accessible à un public plus large, avec la volonté de pratiquer cette vulgarisation vers d’autres domaines d’expertise que celui du conférencier. Cela a été le cas en janvier pour une présentation croisée des prix Descartes-Huygens 2019, Katell Lavéant avec Malcolm Walsby et Marine Cotte, à la résidence de France en présence de 60 personnes.

Le séminaire a été d’autant plus réussi qu’il a regoupé un public paradoxalement supérieur aux 30 places supposées disponibles, dans la mesure il y avait parfois plusieurs personnes derrière chaque écran, donc une audience plus importante sous ce format imposé par le confinement.

Un café-science sur la science du corona virus

Face à l’affluence de données et aux multiples interpellations par des pseudo-experts qui proposent des calculs souvents hasardeux sur le nombre de personnes réellement infectées, la date du pic de l’épidémie, ou encore le nombre de décès, ce séminaire avait pour objectif de présenter les bases de la modélisation des épidémies et la façon dont des simulations peuvent aider à décider des mesures sanitaires et sociales à prendre pour arrêter ou ralentir une épidémie.

Autrement dit, il s’agissait de souligner le rôle nécessaire de la science pour décrypter les informations essentielles concernant l’épidémie du covid-19 afin d’éviter les fake news, dont la propagation peut-être pire encore en période de crise sanitaire.

Ces défis ont été largement relevés lors de la présentation menée par Julia Drylewicz. Cette chercheuse au sein du Computational Immunological Core du Center for Translational Immunology (UMC Utrecht) qui a étudié ses études à l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (ISPED) de Bordeaux, est parfaitement représentative de la coopération bilatérale.

L’intervention intitulée Epidemic Modeling 101 présentait les bases de la modélisation des épidémies et la façon dont des simulations peuvent aider à décider les mesures sanitaires et sociales à prendre pour arrêter ou ralentir une épidémie. Les indicateurs fondamentaux ayant un impact sur la courbe de l’épidémie sont devenus limpides, ainsi par exemples pour le R0 qui représente le nombre moyen de personnes qui vont être contaminées par une personne porteuse du virus à chaque stade de la propagation, et qui se situe pour le covid-19 entre 2 et 3 voire 5. Ceci reste lié aux différences culturelles d’un pays à l’autre de par les relations et contacts sociaux par exemple. Dans le cas du covid-19, il y a aussi des cohortes de population plus ou moins vectrices de la maladie.

L’autre facteur clé pour prendre les décisions qui s’imposent est celui du pourcentage de la population ayant été contaminé et présentant des anticorps. Dans le cas du covid-19, il pourrait être sous-estimé mais varie d’un pays à l’autre suivant les mesures prises et le stade de propagation de l’épidémie. Les questions de la durée de l’immunité après la contamination et le rétablissement pour les sujets malades, ainsi que la durée de la période d’incubation sont des données essentielles pour pouvoir décider de mesures limitant le nombre de personnes hospitalisées en même temps.

Une conclusion positive sur la mutation du virus

Une séquence de questions-réponses a suivi la présentation et s’est terminée par une note positive sur la mutation du virus très importante depuis le début de l’épidémie et qui semblerait s’affaiblir.

Le groupe s’est quitté après un verre de l’amitié plus individuel qu’habituellement et la promesse de se retrouver en juin, avant l’été pour un prochain séminaire.

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