Nouveau Grand Tour NL  : Annonce des 10 artistes en résidence lauréats 2025  

Sélectionnés parmi plus de 250 candidats par un jury franco-néerlandais, 10 artistes français récemment diplômés d’une école d’art et de design rejoindront en 2025 l’une des structures de résidences partenaires du Nouveau Grand Tour NL.

À la suite de la réunion du jury franco-néerlandais du Nouveau Grand Tour NL qui a étudié les 250 candidatures réceptionnées, l’Institut français NL est fier d’annoncer les 10 artistes lauréats sélectionnés pour rejoindre cette année l’une des résidences néerlandaises partenaires du programme.  

Lancé à l’automne 2024, l’appel à candidatures était ouvert aux artistes, designers et curateurs récemment diplômés qui souhaitaient nourrir leurs pratiques et développer un projet de création et de recherche nécessitant un séjour d’immersion aux Pays-Bas. 

Un jury franco-néerlandais composé de Nanda Janssen (commissaire d’exposition indépendante, Pays-Bas/France), Lucas van der Velden (directeur, Sonic Acts, Pays-Bas), Claire Staebler (directrice, FRAC Pays-de-la-Loire, France), Elsa Coustou (commissaire d’exposition, Lafayette Anticipations, France) et de l’Institut français NL a évalué l’ensemble des dossiers de candidatures et a réparti les candidats au sein de chaque résidence selon leurs disciplines, profils et projets de recherche, ainsi que leurs besoins en terme de développement professionnel. 

Découvrez les 10 lauréats de la deuxième édition du Nouveau Grand Tour NL ! 

European Ceramic Workcentre (Oisterwijk) 

Antoine MOULINARD
©Raphaël Massart
27 mars au 18 juin

Biographie 

Diplômé en 2023 de l’atelier céramique de l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, Antoine Moulinard est un sculpteur établi à Bruxelles. Il déploie son travail plastique à travers une pluralité de sujets rassemblés par la quête d’une joie queer émancipatrice et militante. Il puise dans une imagerie fantastique issue du Moyen Âge, mais aussi dans les champs du domestique bourgeois ou encore de l’art hors des canons institutionnels. Par la création d’objets fantastiques regroupés au sein d’installations, Antoine Moulinard crée un univers singulier et grinçant. 

Projet de résidence 

Au cours de sa résidence au European Ceramic Work Centre (EKCW), Antoine Moulinard développera une gamme d’outils et de moules bas-relief sur mesure, spécifiquement conçus pour sa pratique sculpturale en céramique qui s’appuie sur la réinterprétation d’objets traditionnels et de motifs ornementaux issus du folklore.  Son approche se déclinera en plusieurs étapes pour explorer le potentiel technique et conceptuel de l’outil : analyser des moules historiques, notamment ceux issus des traditions néerlandaises et flamandes (moules à spéculoos), créer une gamme d’outils intégrant ses propres motifs et récits, et expérimenter différents matériaux et procédés pour optimiser leur usage. Il souhaite également approfondir ses recherches sur les procédés de moulage, notamment en hybridant la fabrication artisanale et numérique. 

Het Lage Noorden (Marrum) 

Léa BUSNEL
©Aman Le Goff
1er avril au 30 avril  

Biographie 

Diplômée en 2019 du master de l’école documentaire de Lussas en 2019, Léa Busnel est une autrice-réalisatrice de films documentaires basée à Marseille. Elle travaille actuellement à la réalisation d’un film documentaire à Athènes, Ne pleure pas sur la Grèce, et ainsi qu’à plusieurs projets de courts-métrages. Également cinéaste-intervenante pour encadrer des ateliers de réalisation, Léa Busnel est membre de l’association de cinéastes La Buissonnière à Marseille. 

Projet de résidence  

Au cours de sa résidence à Het Lage Noorden, Léa Busnel réalisera un court-métrage documentaire ancré dans les paysages de la région frisonne qui prendra la forme d’un carnet de voyage. Elle collectera des récits, des rencontres, des images, des sons, et s’attachera aux récits de celles et ceux qui vivent et travaillent au bord de la mer des Wadden. Elle s’intéressera aussi à l’iconographie et la mythologie des lieux, pour donner au film la dimension atemporelle des contes. Par une narration onirique et l’étude cinématographique des paysages, le film brossera un portrait onirique de cette région de la Frise, entre bord de mer et prairies et entre récits des habitants et rêveries littéraires.  

Willem Twee Studios (Den Bosch) 

Léa PAINTANDRE
©Mattea Riu 
1er avril au 30 avril 

Biographie 

Diplômée de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy en 2023, Léa Paintandre est une artiste sonore et compositrice qui explore la physicalité du son à travers des installations in situ et des performances immersives. Elle travaille la musique acousmatique et l’écologie sonore et compose pour le spectacle vivant et le cinéma, mêlant spatialisation et textures électroacoustiques. Son approche interdisciplinaire tisse des liens entre art, science et écoute, explorant les propriétés esthétiques, éthiques et sensorielles du son. 

Projet de résidence 

Au cours de sa résidence à Willem Twee Studios, Léa Paintandre approfondira ses recherches sur la proprioception sonore en travaillant à partir d’enregistrements de la mer Méditerranée, réalisés aux alentours de Marseille, qui offrent un matériau riche pour explorer la façon dont le paysage sonore influe sur notre perception du corps et de l’espace. En utilisant des synthétiseurs modulaires, elle transposera les rythmes et textures de ces sons captés en mer dans des compositions synthétiques. Ce processus lui permettra de conserver les dynamiques et la physicalité des sons d’origine tout en les réinterprétant dans un langage électroacoustique. Elle manipulera ses enregistrements avec des techniques analogiques afin d’apporter une dimension tactile et expérimentale au traitement sonore, introduisant des variations de vitesse, des boucles et des superpositions pour créer des textures évolutives. 

Chloé MALAISE
©Otomoto
1er au 30 avril

Biographie 

Diplômée des Beaux-Arts de Nantes en 2019, Chloé Malaise est une artiste pluridisciplinaire qui, à travers l’installation, la performance et la création d’outils sonores, explore les potentiels du bruit pour questionner nos rapports aux architectures et technologies. Inspirés par l’esthétique de la science-fiction, ses projets interrogent le techno-positivisme dominant tout en stimulant l’utopie d’un monde techno-actif. Son travail a été présenté en France et à l’international, notamment au Piksel Festival, Luff Festival, PureData Convention et Electric Nights. 

Projet de résidence 

Au cours de sa résidence à Willem Twee Studios, Chloé Malaise poursuivra le développement de Quantum Théory, un projet d’album qui explore la dynamique de l’amplification et la transformation du bruit électromagnétique produit par les objets technologiques de notre quotidien pour créer des espaces sonores immersifs. Dans cet album, chaque piste fonctionne comme un « quantum sonore », une unité singulière d’énergie. Ses compositions émergeront de signaux amplifiés : fréquences des néons, interférences électromagnétiques des circuits électroniques détournés. Souvent inaudibles à l’oreille humaine, ces signaux seront exploités durant la résidence pour révéler leur potentiel poétique et narratif. Chloé Malaise expérimentera différentes techniques de filtrage et de traitement du signal pour sculpter ces matières sonores brutes et textures complexes. 

Nieuwe Instituut (Rotterdam)

Iyo BISSECK
©Sarah Coppet
1er avril au 30 juin

Biographie 

Diplômée de l’École polytechnique de Paris en réalité virtuelle et augmentée en 2021, Iyo Bisseck est une artiste multidisciplinaire, designer d’interaction et programmeuse franco-camerounaise. Sa pratique mêle environnements numériques immersifs, installations sculpturales, images animées et jeux vidéo. Son travail interroge les archives contemporaines, révélant la matérialité du numérique et les continuités coloniales, tout en tissant des récits diasporiques à travers la fiction et les médias interactifs. Active dans des collectifs tels que Dreaming Beyond AI et Matri-Archi(tecture), Iyo crée des plateformes en ligne soutenant des initiatives culturelles et engagées. 

Projet de résidence 

Au cours de sa résidence au Nieuwe Instituut, Iyo Bisseck approfondira les recherches sur les algorithmes de lutte contre la fraude sociale en explorant leurs impacts sur des foyers en France et aux Pays-Bas. En établissant des liens entre des contextes et des luttes qui partagent des dynamiques communes, ce projet relie surveillance domestique, contrôle des frontières et système carcéral, et explore leur relation avec l’invention des statistiques et la construction des catégories raciales depuis l’époque coloniale. Elle interrogera la création de ces algorithmes et les logiques économiques et politiques qui les soutiennent. Iyo Bisseck réalisera également une vidéo essai, intégrée au jeu vidéo spéculatif Wilderness Garden qui tisse des récits mêlant humains et non-humains, technologie et territoire, pour révéler la manière les technologies contemporaines perpétuent des hiérarchies coloniales et des formes de domination spatiale. 

Drawing Centre (Diepenheim)

 Claire BODIN VILLANNEAU
©Claire Bodin Villanneau
1er avril au 30 juin

Biographie 

Diplômée en 2021 des Beaux-Arts de Nantes, Claire Bodin Villanneau est une artiste pluridisciplinaire qui travaille sur la fragmentation du corps à travers le dessin, la fresque et le bas-relief. Son pratique s’articule autour de la figuration du corps et la potentialité du portait et de l’inachevé. Elle aborde le geste du dessin comme une façon d’explorer et de troubler la frontière fine qui sépare le dessin de la sculpture. Elle se revendique « Faiseuse de formes » dans sa manière d’investir l’espace par des installations in-situ, envahissant sols et plafonds. 

Projet de résidence 

Au cours de sa résidence au Drawing Centre, Claire Bodin Villanneau explorera les manières dont elle peut faire transparaitre le geste du dessin pour repousser la frontière entre dessin et sculpture, entre 2D et 3D. Elle échangera avec les habitants du territoire sur leur rapports avec leur corps pour expérimenter une série de dessins qui seront travaillés comme des « dessins-sculptures », avec un gaufrage qui créera un léger bas-relief. Elle traduira leurs portraits en dessins fragmentés et déployés dans une installation in-situ envahissant sol et plafond. 

Brutus (Rotterdam) 

Charly BECHAIMONT
©Eva Djen
1er avril au 30 juin

Biographie 

Diplômé de l’École supérieure d’art et de design de Reims en 2022, Charly Bechaimont est un artiste pluridisciplinaire dont les pratiques performatives, sculpturales ou cinématographiques incluent un rapport d’action immédiat et frontal à l’objet, à l’environnement ou au corps. De l’automutilation à l’agrafeuse au découpage d’une caravane en deux en passant par l’utilisation performative de liquides toxiques : autant de gestes qui inscrivent sa démarche à l’intersection des identités queer, voyageuses et prolétaires, tout en apportant un regard critique sur le rôle politique des corps précaires et dominés au sein de l’espace institutionnel. 

 

Projet de résidence  

Au cours de sa résidence à Brutus, Charly Bechaimont approfondira son exploration des matériaux toxiques, qu’il perçoit comme des témoins des inégalités et discriminations sociales. Son attention portera particulièrement sur les substances utilisées par les industries de Rotterdam. Cette ville, dont l’histoire et la dynamique urbaine tels que les flux migratoires, les transformations culturelles et les matériaux industriels, résonne fortement avec sa démarche artistique. En parallèle de son expérimentation autour d’une technique picturale à base d’huile de moteur usagée, il explorera de nouvelles techniques et l’usage de matériaux emblématiques de ce territoire, tels que le minerai de fer, une matière première largement exploitée dans les industries locales. 

Ryder MOREY-WEALE
©Raphaël Massart
1er juillet au 30 septembre

Biographie 

Diplômé de l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse en 2019, Ryder Morey-Weale vit et travaille à Marseille. Il a participé au programme de recherche et post-diplôme Création et Mondialisation de l’École Offshore à Shanghai entre 2019 et 2020. À travers des installations sculpturales et sonores, Ryder Morey-Weale développe des éco-fictions basées sur des mutations observées au sein d’écosystèmes urbains. Sa pratique artistique vise en effet à mettre en évidence les synergies nouvelles et marginales qui apparaissent dans les environnements perturbés tels que les paysages péri-industriels ou les terrains urbains délaissés. 

Projet de résidence 

Au cours de sa résidence à Brutus, Ryder Morey-Weale développera une installation sculpturale qui répond au contexte environnemental de Rotterdam, en approfondissant son exploration des écologies marginales et des alliances inter-espèces. En collectant et en réutilisant les plantes et les sédiments de Rotterdam, Ryder Morey-Weale examinera les espèces dites invasives, en les recadrant comme des agents et des alliés de résilience plutôt que comme des menaces pour la préservation de l’environnement. Il explorera ainsi la manière dont ces espèces brouillent les frontières entre le naturel et l’artificiel, l’invasif et l’endémique, en proposant des écofictions spéculatives remettant en question les récits dominants de contrôle et d’exclusion.   

Netherlands Institute for Advanced Study NIAS (Amsterdam)

Patricia COUVET
©Heim + Vildarich
7 juillet au 6 août

Biographie 

Diplômée de l’École des arts de Gand en 2020, Patricia Couvet est une commissaire d’exposition basée entre Berlin et Strasbourg dont le travail articule recherches en sciences humaines et sociales avec les pratiques curatoriales. Co-fondatrice du « Pickle Bar », un espace situé à Berlin dédié aux formats performatifs et discursifs, elle dirige depuis 2021 le programme de résidence-mentorat du collectif Slavs and Tatars. Elle a également cofondé la maison d’édition indépendante DVA Press.

Projet de résidence 

Au cours de sa résidence au Netherlands Institute for Advanced Study (NIAS), Patricia Couvet poursuivra son projet sur les diverses pratiques linguistiques en se consacrant aux liens entre les dialectes, les langues et les argots. À partir de l’étude des pratiques performatives, discursives et éditoriales aux Pays-Bas, elle examinera les codes linguistiques, les gestes et les pratiques linguistiques en tant qu’outils d’affirmation d’identités face aux bouleversements géopolitiques. Elle s’intéressera plus particulièrement aux expressions argotiques provenant de différentes communautés d’Amsterdam, et aujourd’hui intégrées dans le langage quotidien. Les processus d’adaptation et d’hybridation des langues, notamment en relation avec l’histoire néerlandaise, seront également explorés. Des sciences humaines à la musique rap et à la critique d’art, le projet de résidence adoptera une approche pluridisciplinaire pour interroger l’accessibilité et l’inclusivité des langues dans les pratiques curatoriales. 

Ugo PETRONIN
©Ugo Petronin
7 juillet au 6 août  

Biographie 

Diplômé de Willem de Kooning Academy de Rotterdam en 2020, Ugo Petronin est un cinéaste et artiste visuel qui explore la régénération, la fluidité et la confusion dans les relations entre humains et non-humains. Son travail mêle la cinématographie expérimentale, l’imagerie scientifique et les méthodes participatives pour remettre en question les récits dominants et explorer le rôle du cinéma dans la médiation des transitions écologiques. Il navigue entre le documentaire, le cinéma spéculatif et les sciences. Ses projets actuels portent sur la relation homme-sangsue, la colonisation domestique et l’esthétique agroécologique dans le delta du Mékong au Viêt Nam. 

Projet de résidence 

Au cours de sa résidence au Netherlands Institute for Advanced Study (NIAS), Ugo Petronin poursuivra le développement de Benevolences, un projet cinématographique qui interroge les liens entre la notion de « bienveillance » et les systèmes coloniaux en prenant pour point de départ les colonies néerlandaises de bienveillance – un projet de réforme sociale du XIXe siècle visant à réduire la pauvreté par la colonisation domestique agraire qui a influencé d’autres initiatives en France et en Angleterre. Le projet résultera en une forme cinématographique capable d’exprimer les tensions et les effets psychologiques liés à la notion de bienveillance dans le cadre colonial, mêlant approche expérimentale et recherche historique. 

À propos

Le Nouveau Grand Tour NL agit comme un tremplin professionnel pour les artistes en début de carrière et renouvelle les liens entre la scène artistique néerlandaise et la création française émergente. Avec l’appui d’un réseau de structures de résidences partenaires, le Nouveau Grand Tour NL accompagne ainsi aux Pays-Bas 10 artistes, designers et curateurs de France récemment diplômés d’une école d’art et de design, en leur proposant de réaliser des résidences de création et de recherche ancrées dans le territoire néerlandais. 

Partenaires

  • Organisé par : Institut français NL
  • En partenariat avec : Brutus ; Drawing Center ; EKWC ; Het Lage Noorden ; NIAS ; Nieuwe Instituut ; Willem Twee Studios .
  • Avec le soutien de : France-Nederlands Cultuurfonds 
  • Initié par : Institut français Italie