A l’issue d’un processus de sélection qui a associé un jury d’expert·es en art contemporain ainsi que les structures de résidences locales partenaires du programme, l’Institut français NL est fier d’annoncer les 10 artistes en résidence qui composeront la promotion 2026 du Nouveau Grand Tour NL.
Lancé à l’automne 2025, l’appel à candidatures était ouvert aux artistes, designer·euses et curateur·ices praticien·nes récemment diplômé·es désireux·ses de nourrir leurs pratiques artistiques, développer leurs réseaux professionnels et déployer un projet de recherche, de création et d’expérimentation, sans contrainte de production, nécessitant un séjour d’immersion aux Pays-Bas.
Un jury d’expert·es en art contemporain, composé de professionnel·les de France et des Pays-Bas issu·es des champs des arts visuels, arts numériques, création sonore et pratiques curatoriales, a évalué l’ensemble des candidatures en portant une attention particulière aux parcours et aux portfolios des artistes candidat·es.
Ce jury d’expert·es était composé de : Nanda Janssen (commissaire d’exposition indépendante, Pays-Bas/France), Lucas van der Velden (directeur, Sonic Acts, Pays-Bas), Claire Staebler (directrice, FRAC Pays-de-la-Loire, France), Elsa Coustou (commissaire d’exposition, Lafayette Anticipations, France).
Ayant participé au comité de sélection, l’Institut français NL a pris en compte les enjeux de développement professionnel des artistes candidat·es, ainsi que l’articulation des propositions de projets de résidence autour de thématiques sociétales centrales dans la coopération culturelle entre la France et les Pays-Bas.
À l’issue du comité de sélection, une trentaine de candidat·es ont été présélectionné·es pour un entretien individuel avec l’une des huit structures de résidence partenaire pour laquelle ils avaient postulé. Au cours de ces échanges, les artistes présélectionné·es ont présenté leur projet de résidence en mettant en lumière son lien avec le territoire néerlandais, sa résonance dans le contexte spécifique de la structure de résidence, ainsi que les perspectives de rencontres et de collaborations avec les acteur·ices culturel·les locaux·ales.
Chaque structure de résidence a arrêté son choix final, et l’Institut français NL a veillé à une répartition équilibrée de la promotion 2026 du Nouveau Grand Tour NL en termes de genres, de parcours et de perspectives, afin qu’elle puisse refléter la diversité des voix et des pratiques de la scène artistique française et contribuer à renouveler le regard des néerlandais·es sur la jeune création française.
Découvrez les 10 lauréat·es de la troisième édition du Nouveau Grand Tour NL :
Het Lage Noorden (Marrum)

© Juliette Lytovchenko
18 mai au 19 juin 2026
Biographie
Diplômée de la HEAR à Strasbourg en 2022, Cassandre Lepicard est une artiste plasticienne basée à Paris. Elle s’intéresse à nos relations avec les animaux sauvages, qu’ils soient soignés en refuge, captifs dans les zoos, ou libres en milieu naturel. Toujours à la recherche de ces contacts au seuil d’un autre monde, comme superposé au nôtre, elle part sur la piste d’ossements, plumes, bois de cervidés et autres vestiges d’une présence passée. À travers ses sculptures, dessins et peintures, une nouvelle figure animale apparaît.
Projet de résidence
Au cours de sa résidence à Het Lage Noorden, Cassandre Lepicard s’intéressera aux espèces d’oiseaux migrateurs qui atteignent les Pays-Bas et nidifient sur la côte frisonne. Ses recherches seront nourries par l’exploration de la côte, ses marais, plages et champs. Dessins sur le motif, prises de notes, photographies, etc., constitueront la base de son travail poursuivi ensuite à l’atelier. Aux Pays-Bas, Cassandre prendra contact avec des associations de protection de la faune locale afin de mieux identifier les enjeux et problématiques auxquels les oiseaux migrateurs sont confrontés. Elle questionnera également le rapport qu’entretiennent les habitant.es, notamment les agriculteur.ices de la région, avec cet événement saisonnier qu’est la migration des oiseaux. Cette résidence sera pour elle l’occasion de mettre en lumière une faune locale exceptionnelle et d’approfondir ses recherches sur notre lien avec les espèces animales qui traversent les territoires que nous occupons.
Drawing Centre (Diepenheim)

© Cécile Braneyre
1 avril au 30 juin 2026
Biographie
Clare Poolman vit et travaille à Marseille. Après un premier parcours en développement humain, elle a obtenu son diplôme aux Beaux-Arts de Marseille en 2023. Clare Poolman a participé à plusieurs expositions en France, notamment à la Friche de la Belle de Mai et à Système C (Marseille), ou encore au Centre Pompidou, à Poush et au Centquatre Paris, ainsi qu’à l’international, dont à la Hellenic American Union à Athènes et à l’Institut français de Kinshasa. Elle développe une pratique située, attentive aux modes de relation et nourrie par des résidences, dernièrement à l’ASFA Rhodes et en hôpital psychiatrique en France. Si sa pratique s’inscrit dans le champ du dessin, ses recherches se traduisent sous différentes formes : poèmes-sculptures, bâtiments-emballages, éditions-espaces. Chacune est une invitation à interroger les structures élémentaires que nous tenons pour acquises, que ce soit architecture, langage, temps. La dimension relationnelle de sa démarche se prolonge dans ses collaborations, en duo avec Etta Marthe Wunsch et au sein du projet collectif Lifer Heritage.
Projet de résidence
Le projet de résidence de Clare Poolman au Drawing Centre porte sur l’apprentissage du néerlandais et du Twents (langue régionale de l’est des Pays-Bas). Clare s’attachera à documenter le processus d’apprentissage du langage par le dessin, notamment, et le son. Elle privilégiera une approche de la co-création à travers des ateliers et des rencontres avec des associations locales. En interrogeant la manière dont nous interagissons et créons en lien avec les autres, y compris avec les entités non-humaines, ce projet sera également l’occasion d’examiner les conséquences de l’IA sur nos schémas de pensée, nos apprentissages et nos modes d’expression. Le point de recherche du projet résidera dans les sensations provoquées par le langage en train de se créer ; lorsque les mots n’ont pas encore de signification et que les codes peuvent encore se reconfigurer.
EKWC (Oisterwijk)

© ateliermaryland
2 avril au 24 juin 2026
Biographie
Diplômée en Illustration et bande dessinée au LTAA Auguste Renoir à Paris en 2017 puis des Beaux-Arts de Paris en 2022, Samya emprunte à la bande dessinée et à l’animation un univers figuratif qu’elle interprète librement, au gré d’un parcours culturel et personnel entre références populaires soulignées avec tendresse et art contemporain. Samya est rentrée fin 2022 en résidence à la Manufacture de Sèvres pour quelques mois dans le cadre de Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris puis en 2023 à la Villa Belleville pour poursuivre ses recherches en dessin, peinture et réaliser ses premières pièces en céramique.
Projet de résidence
Samya souhaite entamer la réalisation d’un orchestre d’instruments de musique en céramique entre sculpture, musique et technologie sonore. Conçus comme des objets sonores hybrides, ces instruments peuvent être activés par le geste, la voix ou à distance, et produire du son de manière autonome en réaction au chant. Chanteuse depuis de nombreuses années, elle a développé une pratique vocale intuitive, fondée sur l’écoute, l’intonation et l’expérimentation. La voix est ainsi devenue un espace de création autonome, capable de générer des compositions complètes sans passer par l’écriture musicale traditionnelle. Ce projet vise à intégrer pleinement cette pratique vocale à son travail plastique. Dans un esprit romantique, poétique et magique, les instruments prennent la forme de sculptures décorées, parfois portées comme des costumes ou des déguisements, parfois suspendues ou disposées dans l’espace. Lorsque le geste hésite, la voix prend le relais et permet à l’orchestre d’entrer en jeu. Le dispositif sonore repose sur Morphosis, un logiciel d’hybridation sonore basé sur une intelligence artificielle locale, utilisée actuellement en version beta
NIAS (Amsterdam)

© Luc Bertrand
6 juillet au 6 août 2026
Biographie
Lou-Poko Savadogo est architecte et designeuse. Sa pratique revisite des techniques artisanales telles que la menuiserie, la tapisserie ou le torchis afin de déjouer les hiérarchies entre architecture, mobilier et scénographie. Elle conçoit des objets, des installations et des micro-architectures qui fonctionnent comme des contre-archives, activant un regard critique sur l’histoire matérielle et ses héritages. Elle développe actuellement une recherche en design sur la muséographie des musées ethnographiques, interrogeant la présentation d’objets collectés en contexte colonial et les cadres spatiaux et éthiques qui organisent encore leur visibilité.
Projet de résidence
Pour sa résidence au NIAS, Lou-Poko Savadogo développe Turn a blind eye, un projet de recherche-création consacré au moment de l’après-restitution, lorsque les objets ont quitté le musée mais que leurs dispositifs d’exposition demeurent. Alors que les restitutions s’accélèrent aux Pays-Bas, notamment au Wereldmuseum de Leiden, une question émerge : que devient le musée après le départ des œuvres ? Que faire des vitrines vides, des socles orphelins, des architectures conçues pour exposer ce qui n’est plus là ? Pour la designeuse, l’absence n’est pas un vide mais une condition active, qui invite à repenser les formes d’exposition et la manière d’habiter l’espace muséal. Plutôt que de se concentrer sur les objets restitués, le projet s’intéresse à ce qu’il reste : les infrastructures matérielles de l’exposition, les récits et visions du monde qu’elles perpétuent. À travers une enquête in situ à Amsterdam et Leiden, elle documentera ces espaces récemment reconfigurés et développera une série d’installations et de contre-dispositifs expérimentaux, questionnant le musée comme architecture du regard. En articulant pratique artisanale et réflexion critique sur la muséographie, elle cherche à transformer ces structures héritées en outils de critique et d’hospitalité – Et par là, contribuer à une question encore peu explorée en design — formulée notamment par Bénédicte Savoy — : comment penser, habiter et concevoir le musée lorsque l’absence devient structurelle plutôt que transitoire ?

© Albane Durand-Viel
6 juillet au 6 août 2026
Biographie
Charlotte Fourneuf-Niel est une artiste performeuse et enseignante agrégée, diplômée de l’École Normale Supérieure et de la HEAR. Son travail articule récit intime et enjeux structurels, en particulier dans les contextes caribéens et postcoloniaux. Ses pratiques artistiques et graphiques se meuvent en systèmes qui agissent tel un manège entre apparences et costumes d’emprunts, où s’associent graphisme et performance. Son travail a été présenté dans des espaces d’expositions, festivals, bibliothèque universitaire et contextes performatifs, sous forme individuelle ou collective, et se déploie à l’interface entre pratique artistique, recherche et transmission.
Projet de résidence
Le projet de résidence au Netherlands Institute for Advanced Study (NIAS) de Charlotte Fourneuf-Niel s’inscrit dans une recherche artistique et curatoriale consacrée à la mémoire vivante de la performance contemporaine avec un intérêt particulier pour la scène performative néerlandaise. Il interrogera la manière dont les pratiques performatives actuelles se racontent, se documentent et se transmettent, tout en prenant en compte leurs conditions sociales, symboliques et économiques de production. À partir d’entretiens, de rencontres et d’observations menées à Amsterdam, le projet examinera les récits individuels des performeur·ses et la façon dont ils s’articulent à des structures plus larges : dispositifs institutionnels, cadres économiques, normes professionnelles. La recherche se déploiera à travers des dispositifs de collecte et de mise en forme : entretiens performatifs, conversations enregistrées, archives sonores et écrites. Le costume et le vêtement y occuperont également une place importante, envisagés comme des outils performatifs participant à la construction d’identités professionnelles, de rôles sociaux ou de figures critiques.
Brutus (Rotterdam)

© Anne Guerain
1 avril au 30 juin 2026
Biographie
Tamsir Soumaré est un artiste plasticien qui travaille principalement avec la peinture et le dessin numérique, mais aussi avec la vidéo, le son et la performance. Son travail aborde des thèmes comme la mémoire, l’afrofuturisme, l’identité et la noirité. Sa pratique est basée sur la recherche. Avant de commencer une peinture, il lit, mène ses recherches dans des fonds d’archives et rassemble des images. Une partie importante de son travail provient des photographies de famille, qu’il transforme ensuite grâce au dessin numérique et à la peinture, en leur donnant une dimension imaginaire et spéculative. À travers ce processus, il créé des images, des mythologies et des narratifs personnels.
Projet de résidence
Pour Brutus, Tamsir souhaite développer un projet qui se concentre sur la post-colonialité et les relations entre la mémoire collective française, l’afrofuturisme et la propre histoire des Pays-Bas. Il s’intéresse à la manière dont ces histoires s’entrelacent et continuent de façonner les identités contemporaines. Pour ce projet, la collaboration est essentielle. Tamsir souhaite partir à la rencontre de personnes concernées, peindre leurs portraits et recueillir leurs témoignages, en se concentrant plus particulièrement sur leur rapport à la noirité et à la mémoire personnelle. Ces témoignages ne sont pas seulement des matériaux documentaires : ils deviennent des points de départ pour des peintures et des dessins numériques, auxquels l’artiste ajoute ses propres couches mythologiques et spéculatives. Dans de précédents travaux en France, Tamsir faisait poser ses ami·es ou des personnes proches. Pour le projet que Tamsir souhaite développer à Rotterdam, il veut élargir cette démarche en travaillant avec des personnes issues de différents horizons, en collectant des récits, des images et des expériences qui nourriront à la fois les dimensions visuelles et conceptuelles de son travail. La résidence BRUTUS revêt une importance particulière pour lui en raison de son fort accent expérimental tout comme l’ancrage à Rotterdam, une ville historiquement liée aux routes commerciales et à l’histoire transatlantique de l’esclavage. Tamsir voit cette résidence comme une opportunité d’approfondir ses recherches et de poursuivre ses expérimentations en dessin numérique et en peinture.

© Philip RUDD BALK
1 juillet au 30 septembre 2026
Biographie
Évoluant entre art et design, Thibault Philip travaille sur la friction entre animalité et humanité au travers des récits et de leurs héritages. Traitant d’osmose et de domination, d’évolution et de symboles, sa pratique floute les frontières entre art et design tout en prenant position dans les deux domaines. Formé à L’École Européenne Supérieur d’Art de Bretagne, à l’Université des Arts de Poznan et aux côtés de Nacho Carbonell, Thibault développe une posture de radicalité en établissant des liens entre forme et matériaux, signifiant et signifié, fonction et subliminal.
Projet de résidence
Questionnant la relation entre humanité et animalité, notamment dans le domaine de l’élevage porcin, le travail de Thibault Philip cherche à explorer les nouvelles formes de domination et d’osmose. Reprenant les archétypes d’objets anciens des éleveur·ses et les nouvelles formes d’outils de bien-être utilisés dans les élevages, le projet de résidence souhaite questionner le type de comportements humains induits par ces objets d’emprise. Dans le champ de l’artisanat alimentaire directement lié au porc, les objets sont multiples et font état des différentes étapes de relation avec l’animal. Soin, accompagnement, transport, mise à mort, morcelage, conditionnement… Au regard précis des Pays-Bas, ces objets tendent à changer pour une approche se voulant plus douce. Ils changent donc avec eux les comportements humains ainsi que la relation inter-espèce. Cette figure du cochon est symbolique ; elle permet de traiter la question de la friction entre humanité et animalité, à la fois dans ce qui nous rapproche et nous éloigne de l’animal. Thibault Philip souhaite enquêter sur les nouvelles évolutions en cours dans les élevages au Pays-Bas pour forger des installations d’objets prospectifs. Ces installations entre art et design flouteront les limites entre domination et soin, amour et emprise afin d’explorer la relation ambivalente que nous avons avec la notion d’élevage.
Nieuwe Instituut (Rotterdam)

© Raphaëlle Von Knebel
1 avril au 30 juin 2026
Biographie
Raphaëlle Von Knebel (née à Saint-Pierre, île de la Réunion) est une designer qui explore les relations entre insularité, climat et mémoire à travers l’installation, le son et la poésie. Elle a étudié à l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg (ENSAS), à la Haute école des arts du Rhin (HEAR), à l’Institut Supérieur des Arts et du Design de Toulouse (isdaT), et à la Design Academy Eindhoven. En 2024, elle est lauréate du programme Chemin des Affinités mis en place par Arts en résidence, Culture Moves Europe ainsi que de la Cité Internationale des Arts à Paris.
Projet de résidence
Au Nieuwe Instituut, Raphaëlle Von Knebel développera Offshore Signals, un projet fondé sur le phénomène de diminution progressive de la lumière solaire atteignant la surface de la Terre, lié aux particules atmosphériques. S’appuyant sur plusieurs décennies de mesures d’ensoleillement issues de données climatiques, ce projet conduit aujourd’hui Raphaëlle à constituer sa propre archive des conditions lumineuses à Rotterdam et à les traduire en un ensemble d’installations. Offshore signals prend la forme d’une constellation de structures électroniques : des stations de lumière associant des capteurs simples à des LED. Certaines stations réagissent à la lumière et à la météo de la journée ; d’autres à la présence ou au toucher. Leurs réactions sont minimales et subtiles : atténuations lentes, pulsations douces, légers décalages presque organiques, tels des mouvements de respiration d’organismes vivants. Les données principales proviendront de Rotterdam, de sa lumière, de ses environnements et de son climat. En créant une connexion avec son île natale, la Réunion, ces signaux seront interprétés à travers une mémoire insulaire. Rotterdam produit les signaux ; l’île agit comme un prisme créole, un point de référence.
Willem Twee Studios (Den Bosch)

© Luce Roux
1 avril au 30 avril 2026
Biographie
Sous le nom de Toni Caillou, Antoine Le Dreff fabrique des lithophones (percussions chromatiques en pierre) inspirés du Gamelan indonésien. Dans ses performances, certains de ces instruments sont automatisés à l’aide de moteurs, tandis que d’autres sont bouclés ou granularisés, servant de base au jeu rythmique et cyclique que Toni Caillou improvise, avec parfois la participation complice du public. Musicien et artiste sonore basé à Rennes, co-fondateur du label Editentités et du collectif d’artistes radiophoniques Ondorphine, Antoine Le Dreff est également actif musicalement sous le nom de René Danger.
Projet de résidence
« Pourquoi dans le langage du malheur c’est toujours la tuile qui tombe, jamais l’ardoise ? Parce que je porte bonheur, répond l’ardoise de sa voix craquante et têtue de sa voix chaude et frileuse. » écrit Jacques Prévert. En 2025, inspiré par la voix craquante et têtue de l’ardoise, Toni Caillou a entrepris la construction d’un ensemble d’instruments électro-acoustiques inspirés du Gamelan indonésien, des lithophones fait d’ardoises, de schistes et d’autres pierres ramassées dans sa région de l’Ouest de la France. Après cette première année d’expérimentation et d’improvisation, il ressent le besoin de composer de nouvelles pièces, explorant plus profondément le dialogue entre ses lithophones et le timbre analogique de voix de synthèses, produisant pulsations, battements acoustiques, bourdons et motifs imbriqués. Les instruments rares et historiques de Willem Twee Studios ouvrent ainsi un nouveau champ de possibilités sonores pour ce projet. Cette résidence est aussi l’opportunité pour Toni Caillou de rencontrer des ensembles et de Gamelan et des musicien·nes pour comparer leurs sons et accordages. En effet, les Pays-Bas sont historiquement liés à ces instruments et cette musique à cause de son passé colonial en Indonésie. En utilisant ses instruments fabriqués à partir de la matière géologique de l’ouest de la France dans un projet qui explore les liens culturels et post-coloniaux entre l’Indonésie et les Pays-Bas, il espère créer de nouveaux ponts sensibles et créatifs entre les deux pays.
Greylight Projects (Heerlen)

© Nina Medioni
1 avril au 30 juin 2026
Biographie
Julie Gaubert est diplômée de l’École Supérieure d’Art du Nord-Pas de Calais en 2020. Dans sa pratique, elle créé des moments déviants, qui interpellent le quotidien et le bousculent, sous forme d’actions, de sculptures, d’installations, de vidéos ou de créations sonores. Entre images sensibles, poésie et constats intimes, l’artiste aborde le politique comme libre de droits, d’expression et de recherche. En résidence en 2022 à l’Espace Croisé à Roubaix, Julie montrait son exposition personnelle « Antichambre » qui rendait compte de ses travaux sur les structures hiérarchiques de dominance. Elle cherche à visibiliser les états de résistance tout en questionnant les conditions de leur existence. Ses œuvres sont habitées de revendications sociales et politiques, questionnant les formes politiques de la résistance, les lieux qui peuvent les accueillir, les liens qui forment le groupe et enfin la manières dont ces/nos voix peuvent se faire entendre.
Projet de résidence
À Greylight Projects, Julie souhaite développer un nouveau chapitre de sa recherche : Et si les mues continuaient de chanter, un projet qui explore les réseaux souterrains, les micro-résistances et les formes d’expression qui apparaissent en dehors des cadres normés. Son travail se construit à travers la sculpture, le son, la vidéo et des installations mêlant différentes sources de récits (intimes, historiques, médiatiques, fictifs). Il interroge la manière dont la parole se glisse dans des systèmes hiérarchiques, comment elle contourne, infiltre ou trouble les signaux dominants. Julie apprécie travailler avec des matériaux fragiles ou instables, capables de devenir des surfaces de passage, de résonance ou de transformation. À Heerlen, dans ce contexte transfrontalier poreux, entre plusieurs langues, autorités et réalités sociales, elle espère poursuivre cette recherche en s’intéressant aux réseaux informels de communication : radios clandestines locales, transmissions amateurs, fragments sonores de fréquences brouillées ou de voix communautaires. La figure des pirate zenders, radio pirate locale du Limbourg, pourrait devenir un point de départ, comme anecdote populaire et tactique située de contournement, une stratégie pour ouvrir des espaces d’émancipation.
À propos
Le Nouveau Grand Tour NL agit comme un tremplin professionnel pour les artistes en début de carrière et renouvelle les liens entre la scène artistique néerlandaise et la création française émergente. Avec l’appui d’un réseau de structures de résidences partenaires, le Nouveau Grand Tour NL accompagne ainsi aux Pays-Bas 10 artistes, designer·euses et curateur·ices de France récemment diplômé·es d’une école d’art et de design, en leur proposant de réaliser des résidences de création et de recherche ancrées dans le territoire néerlandais.
Partenaires
- Organisé par : Institut français NL
- En partenariat avec : Brutus ; Drawing Center ; EKWC ; Het Lage Noorden ; NIAS ; Nieuwe Instituut ; Willem Twee Studios ; Greylight Projects
- Avec le soutien de : France-Nederlands Cultuurfonds
- Initié par : Institut français Italie


