Hartslag #45 : Claire Tabouret au Voorlinden Museum ;  “Weaving waters, Weaving gestures”  

Notre hartslag #45 vous fait découvrir l’exposition dédiée à Claire Tabouret au musée Voorlinden de Wassenaar, ouverte jusqu’au 25 mai 2026.

L’Institut français NL partage son « hartslag » (un terme néerlandais un peu décalé pour traduire notre coup de cœur) pour vous faire découvrir la création francophone contemporaine aux Pays-Bas qui fera accélérer votre rythme cardiaque. 

Claire Tabouret, The Last Day, 2016, Private Collection

 « Cette exposition, c’est déambuler dans des archives personnelles » déclare Barbara Bos, la chargée des expositions au musée Voorlinden lors de l’ouverture de l’exposition. Avec « Weaving waters, weaving gestures », le musée propose de revenir sur les 20 dernières années d’activité de l’artiste française. Formée à l’école des Beaux-Arts de Paris, établie à Los Angeles avant qu’un certain chantier ne la ramène en France, Claire Tabouret expose depuis décembre 2025 les cartons et les dessins préparatoires qu’elle a fourni pour les nouveaux vitraux de six chapelles de Notre-Dame de Paris. La peintre connaît une renommée grandissante à laquelle vient participer l’exposition « Weaving water, weaving gestures » proposée par le musée. Ancré dans son majestueux cadre verdoyant, le Voorlinden museum offre à Claire Tabouret sa première grande rétrospective personnelle dans un musée en dehors de France en rassemblant ses créations allant bien au-delà de la peinture. 

Alors qu’apparaît dans le coin d’une pièce sa tenue de travail, maculée de peinture, affalée sans corps sur une chaise, l’exposition est partout incarnée par l’artiste, son regard, ses obsessions.  

Claire Tabouret, Autoportrait en vampire, Marten Elder.

En ouverture  c’est une sélection d’autoportraits, dont un saisissant en vampire, qui accueille le visiteur. Les premières salles sont dédiées à son exploration de genres dits traditionnelles ; les portraits, les baigneurs, les grands portraits de groupe… En complément de cet assemblage, l’exposition confirme qu’« aucun médium n’est inaccessible » pour Tabouret. Trône par exemple dans la salle consacrée à l’eau et aux baigneurs sa Fontaine sculptée, propriété du musée : deux femmes en maillot encore dégoulinantes de leur bain. Les chemins de l’eau y délavent patiemment la patine du bronze. L’exposition inclut aussi des œuvres issues de ses collaborations avec des manufactures nationales : une tapisserie d’Aubusson datée de 2018 adaptant l’un de ses portraits de groupe mais surtout sa série de vases peints exécutés en collaboration avec la Manufacture de Sèvres en 2023 donnant à voir une variation de pleureuses féminines comme autant de figures du deuil.  

Claire Tabouret, Deux baigneuses, 2021, Collection museum Voorlinden. 

La grande variété de supports avec lesquels créé Claire Tabouret prend une dimension encore plus originale dans l’exposition de sa série de paysage sur fourrure, « Paysages d’intérieurs », datée de 2020-2021. Moins coopérative qu’une toile, la fourrure peinte créé pourtant des effets physiques, où les touffes colorées figent le geste de la peintre, presque sculptural. Les larges aplats de couleur qui caractérisent la série sont mis en rapport avec un large tapis créé en Inde, reprenant un de ces paysages. Cette série incarne bien l’intérêt de Tabouret en faveur d’autres domaines de création dont le textile ou les objets, participant à faire tomber les distinctions entre art et décor et à nourrir l’intimité créative.   

Cette exposition se conclut avec un large espace qui présente plusieurs de ses grands formats et une série de portraits d’enfants aux visages maquillés, peinturlurés. Certaines de ces œuvres sont parmi les plus récentes. On y trouve tout ce qui fait la peinture de Tabouret : les halos fluos bordant ses toiles, l’illumination néon de ses figures, leur regard fixe, les touches de couleurs saturées qui rehaussent les traits…   

L’exposition du musée Voorlinden révèle toute l’audace et le regard singulier de l’artiste peintre dans l’art contemporain actuel. En collaboration avec elle, l’équipe du musée propose une vision étendue des thèmes, des iconographies et des supports qui font de Claire Tabouret l’artiste française du moment, en attendant l’installation de ses vitraux au sein de la cathédrale Notre-Dame de Paris à la fin de l’année du 2026.  

À propos

Ouvert en 2016, le musée Voorlinden de Wassenaar est né du vœu et de l’effort du collectionneur néerlandais Joop van Caldenborgh. Ce musée privé se situe dans un vaste parc bordé de dunes à Wassenaar, près de La Haye. Il présente des œuvres issues de la collection van Caldenborgh tout en proposant des expositions temporaires consacrées aux artistes de notre temps. En même temps que Claire Tabouret, le musée expose en ce moment l’artiste indienne Shilpa Gupta. A la belle saison, le musée ouvre aussi son parc aux sculptures, Beeldentuin Clingenbosch, où sont dispersés dans les paysages des œuvres de Henry Moore, Sol LeWitte ou encore Giuseppe Penone.  

Informations pratiques